J’écris de la poésie comme j’écris des histoires : à partir d’un corps, d’un lieu, d’une absence, d’un départ ou de quelque chose qui résiste.
Mes textes parlent souvent de ce qui demeure lorsque quelque chose ou quelqu’un n’est plus là. Une liaison dans l’herbe d’un été ancien, un sourire que l’on emporte avec soi, une nuit sans lendemain, un retour qui ressemble à une défaite, une pensée qui tourne jusqu’à creuser sa propre trace.
J’écris en vers libres, avec peu d’ornements. J’aime la répétition, le rythme, les mots qui reviennent et changent imperceptiblement de sens. Sans doute parce que je viens du théâtre, j’entends le texte avant de le voir : il doit pouvoir être dit, respiré, parfois presque joué.
Il m’arrive de raconter une histoire en quelques lignes. Il m’arrive aussi de partir d’une sensation et de la suivre jusqu’à ce qu’elle conduise ailleurs que prévu.
Je ne sais pas si la poésie console. La mienne essaie plutôt de retenir un instant ce qui est déjà en train de disparaître.
