Le cinéma m’attire pour ce qu’il permet de raconter autrement.

Je viens du théâtre, où tout repose sur la présence de l’acteur, l’espace et le temps partagé avec le public. L’écriture pour l’image impose une autre manière de penser : un regard peut remplacer une réplique, un changement de plan modifier le sens d’une scène, un silence devenir une action et le montage rapprocher des lieux, des époques ou des personnages qui ne pourraient jamais se rencontrer sur un plateau.

C’est ce déplacement qui m’intéresse.

Certains projets naissent directement pour l’écran. D’autres viennent de textes écrits d’abord pour le théâtre et dont j’envisage l’adaptation. Mais adapter ne signifie pas pour moi filmer une pièce. Il faut accepter de la démonter, de retrouver ce qui constitue son histoire et ses personnages, puis de la reconstruire avec les moyens propres au cinéma ou à la télévision.

Plusieurs de mes pièces se prêtent aujourd’hui à cette recherche, notamment La Fille de Marie-Antoinette ou La Comédie funèbre. D’autres projets sont nés dès l’origine avec une écriture plus cinématographique.

Je retrouve pourtant d’un médium à l’autre les mêmes préoccupations : les personnages, leurs contradictions, ce qu’ils disent et ce qu’ils taisent, et ce moment où une situation apparemment maîtrisée commence à leur échapper.

Au théâtre, le spectateur choisit souvent où regarder.

À l’écran, la caméra choisit pour lui.

C’est cette différence qui me donne envie d’écrire pour l’image.